Après la fermeture définitive de la base aérienne 101, le Préfet a décidé, avec l'accord tacite des Élus et malgré l'opposition de la population, de transformer Francazal en aéroport mixte (civil et militaire).

Les arrêtés ministériels et l'arrêté préfectoral nécessaires à cette mutation ont été publiés dans le courant du mois de décembre 2010.  [Lire]

Cet aéroport est susceptible d'accueillir l'aviation d'affaires depuis le 1er janvier 2011 et il poursuit son activité antérieure : avions de transport utilisés pour le compte du 1er RTP, hélicoptère de la gendarmerie, avions de la météo.

La plate-forme est, pour le moment, accessible de jour seulement - en attendant que le balisage soit remis en état. 

Une carte d'atterrissage est en vigueur depuis le 3 février (SUP AIP 006/11).

L'activité aéroportuaire n'a pas encore vraiment démarré, ce qui explique le peu de nuisances sonores constatées depuis le 1er janvier 2011 (le nombre de mouvements d'avions serait réduit à 2100 pour l'année).


Une activité industrielle doit être associée à l'aéroport. A cette fin, deux actions ont été entreprises :

  •  des travaux de mise à niveau des réseaux (eau, électricité, gaz, téléphone) dans les hangars ainsi que la remise en état des bâtiments existants de la zone aéronautique, financés par l’État à hauteur de 1,913 M € dans le cadre du plan local de redynamisation (PLR),
  • la remise à niveau de la vigie et de ses équipements, d'un coût de 190K €, financés par l'Etat (DGAC),
  •  la mise en place d'une cellule d’accueil des entreprises avec le concours de la Chambre de commerce et d'industrie et de Midi-Pyrénées Expansion.

Depuis le 1er janvier 2011, on observe la situation suivante :

  • Maintien du 1er RTP (appelé à être renforcé par d'autres unités, dont l'Etat Major de Balma) dans la partie nord du site.
  • Ouverture d'un aéroport mixte, comprenant la piste, ses dépendances et les hangars, dont la gestion a été confiée à SNC Lavalin, gestionnaire provisoire désigné sur appel d'offres, pour une durée de un à deux ans, la candidature de la Société Aéroport Toulouse Blagnac ayant été écartée.
  • Une partie sud – sur Cugnaux – à valoriser.

Depuis septembre 2011, la société Atlantic Air Industries - une société de maintenance d'avions, précédemment basée à Nantes et Saint-Brieuc - s'est installée sur le site.

Les terrains restent la propriété du Ministère de la Défense.

Au début du mois de juin 2011, un projet d'installation de studios de cinéma sur le site de Francazal a ranimé l'espoir d'une solution alternative à l'aéronautique.

La nouvelle a fait grand bruit dans toute la France et l'adhésion de la population à ce projet a été immédiate.

Mais le Préfet s'est empressé de fixer des limites : les studios devraient s’accommoder d'une cohabitation avec l'activité aéroportuaire en cours de déploiement  et, par conséquent, se contenter des 45 hectares non affectés à ce jour, les hangars convoités pour servir de studios de tournage étant exclusivement réservés à l'usage aéronautique.

La fin de la première année d'expérimentation de la solution aéroportuaire se solde par un échec.

Le dispositif de recrutement ne donne pas les résultats escomptés : une seule entreprise s'est installée - et encore s'agit-il seulement d'une délocalisation - alors qu'on annonçait une trentaine d'entreprises prêtes à investir les lieux.

L'aviation d'affaires boude le nouvel aéroport.

Dans ces conditions, on se demande pourquoi des hangars ne pourraient pas être cédés aux studios de cinéma.

Notre commentaire

L'émergence soudaine d'un premier projet alternatif pour la reconversion de Francazal aurait dû inviter les décideurs à reconsidérer leur position. Quoiqu'il en soit, cette perspective toujours d'actualité a servi de révélateur :


  1. Les décideurs ont toujours affirmé que le choix de la solution aéronautique était réversible [Lire Rencontre avec le Préfet] [Réunion de Portet], l'occasion leur est donnée de le prouver. On peut dès lors s'étonner de la réaction de la préfecture [Lire Touche pas à mon aéroport]. L’exploitation de l'aéroport étant, pour le moment, confiée à un gestionnaire provisoire, ne serait-il pas opportun de différer la recherche d'un gestionnaire pérenne et de surseoir à l'installation des entreprises dont l'activité est dépendante de l'aérodrome ?
  2. Dans le tourbillon médiatique qui a accueilli l'annonce du projet "Hollywood-sur-Garonne", on a vu apparaître des critiques à l'égard de la création du deuxième aéroport toulousain, qui ruine les espoirs de développement des pôles d'équilibre régionaux que sont Auch et Tarbes.
  3. La population aspire à la sortie du "tout aéronautique" et souhaite qu'une solution nouvelle soit étudiée pour Francazal ; elle le prouve en signant massivement les pétitions qui vont dans ce sens.

L'inutilité et la non viabilité du nouvel aéroport - tel qu'il a été défini par le préfet - sont désormais évidentes.
Comme nous l'avions prévu, Blagnac ne lâche pas son aviation d'affaires.
Et sans attendre la fin de l'expérimentation, le véritable projet commence à montrer le bout de l'hélice : c'est ainsi que l'école de pilotage Aéropilot ouvrirait un nouvel établissement à Francazal [consulter ici le site de cette école], alors que les vols d'entraînement de l’aviation légère et sportive y sont interdits.

Il est grand temps de reconsidérer le destin de Francazal.