Francazal : une activité aéronautique maintenue pendant un à deux ans

ObjectifNews.com du 21/04/2010

le 21.04.2010 à 17h17 – ObjectifNews.com

Le comité de pilotage pour la reconversion de la base militaire aérienne de Francazal s’est réuni pour la 7e fois le 20 avril à la préfecture de Région. Contrairement à ce qui avait été annoncé, l’armée de l’Air ne quittera pas complètement la base au 31 août. Elle pourra y opérer quelques vols, comme Météo France et la gendarmerie. L’avenir du site n’a toujours pas été tranché mais le scénario du maintien d’une activité aéronautique va être approfondi pendant un à deux ans.

C’est avec une extrême prudence que le préfet de Région, Dominique Bur, a commenté la décision du comité de pilotage « d’approfondir » le scénario dit « aéronautique » : « Nous avons souhaité, à l’occasion de ce 7e comité de pilotage, progresser dans le travail entrepris jusqu’à présent. Nous avons estimé qu’il était dommage de priver Toulouse, ville de l’aéronautique, d’un outil de développement économique et de valorisation de la région. » Une décision qui éclipse, momentanément, le scénario conduisant à une urbanisation des 280 hectares du site : « Il ne s’agissait pas, aujourd’hui, de choisir un modèle et de dire que l’on va le réaliser, tempère le préfet. Nous avons néanmoins emprunté la voie la plus difficile dans le but de mettre à disposition les terrains pour un projet qui conviennent aux collectivités. Mais la facilité pour l’Etat aurait été la cession à un aménageur ou bâtisseur. »

Un propos appuyé par Jacques Brucher, à la tête du MRAI, la Mission pour la Réalisation des Actifs Immobiliers auprès du ministère de la Défense : « Nous sommes venus dans un esprit de coopération avec les collectivités. Nous souhaitons que le projet des élus puisse se réaliser grâce au foncier de la Défense. Nous sommes sur une reconversion qui doit permettre d’avoir un intérêt public plutôt qu’un projet purement commercial. » Plus question, dès lors, de se retirer complètement de Francazal après le 31 août 2010, contrairement à ce qui avait été annoncé. Ni même de vendre les terrains à court terme : « Ce serait illusoire d’évoquer une date butoir pour une éventuelle cession » confirme-t-il. Dans les faits, l’armée de l’Air conservera 60 hectares de terrain à Francazal. « Nous avons pris acte de la décision de maintenir l’activité aéronautique pour la gendarmerie, le 1er Régiment du Train Parachutiste et Météo France » a déclaré Philippe Guérin, maire de Cugnaux.

Concernant l’avenir de la base, le projet retenu consisterait donc à développer essentiellement l’aviation d’affaires : « Il apparaît que 2 à 3000 emplois pourrait être créés sur le site. Mais c’est un dossier complexe porteur d’enjeux considérables qui mérite que l’on se donne du temps, a poursuivi Dominique Bur. Il y a, avant tout, un modèle économique à trouver. » L’activité aérienne ne permettant pas de générer suffisamment de ressources pour faire tourner la base, d’autres solutions sont à l’étude. « Des entreprises, liées à l’aéronautique, sont intéressées pour s’installer aux abords de la piste, indique Georges Desclaux, directeur de la Direction de l’Aviation Civile Sud. Les redevances domaniales permettraient de rendre viable l’aviation d’affaires. » 45 hectares pourraient être consacrés au développement économique.

Cette décision a été accueillie avec soulagement du côté de Blagnac : « Nous sommes satisfaits de voir que la piste aéronautique va être approfondie. Supprimer Francazal aurait été une insulte à l’avenir, estime Pascal Boureau, adjoint au maire de Blagnac présent ce matin au comité de pilotage. Pour préserver le futur, il faut maintenir la base militaire, sans quoi nous aurions 4000 mouvement supplémentaires immédiatement sur l’aéroport de Blagnac, et développer l’aviation d’affaires sur Francazal. La naissance d’un aéroport bi-polaire nous paraît, dès lors, intéressant. »

Concrètement, une période transitoire « d’un ou deux ans », selon le préfet, va débuter pour « préciser un document qui définira les conditions de fonctionnement de la plateforme ». Pendant ce laps de temps consacré à l’étude de faisabilité du scénario aéronautique, les entreprises pourraient commencer à s’installer sur la base et les avions à voler ! « Nous avons obtenu des garanties pour que des moyens restent sur place afin de maintenir une activité après le 31 août, précise Dominique Bur. On imagine qu’un accord peut être trouvé
rapidement avec un opérateur pour entretenir la plateforme pendant cette période. »

Le Grand Toulouse a réagi en fin d’après-midi dans un communiqué : « La période transitoire qui nous est proposée permet d’éviter la création d’une friche industrielle dont le contrôle aurait été particulièrement difficile à assurer. En l’état actuel du dossier, la Communauté Urbaine s’interroge cependant sur la possibilité de façon rentable la piste de Francazal à des fins civiles dans des conditions compatibles avec son environnement urbain, c’est-à-dire notamment dans le cadre du plan d’exposition au bruit existant et d’une interdiction des vols de nuit. »

Questionnés sur les craintes des riverains, Georges Desclaux s’est voulu rassurant sur tous les points : « On peut éradiquer la question du fret, ainsi que celles du prolongement de la piste à propos de laquelle aucune étude n’est en cours, a-t-il affirmé. Quant aux nuisances sonores, je rappelle que l’aviation d’affaires fonctionne surtout sur les jours ouvrables. » Un discours apaisant auquel souscrit Philippe Guérin, séduit par les orientations prises par le comité de pilotage : « Il faut arrêter le fantasme et les craintes d’avoir des gros porteurs ou du low cost, considère-t-il. On sera, en outre, bien en-deçà de ce que l’on a connu jusqu’en 2004 avec à peine 10 000 mouvements par an au lieu de 30 000. La volonté des élus étant clairement de ne pas avoir de vols de nuit, le projet me paraît tout à fait compatible. » Et déjà presque acté dans l’esprit de tous…

Jean Couderc

3 commentaires “Francazal : une activité aéronautique maintenue pendant un à deux ans”

  1. En relisant cet article de presse, je ne peux m’empêcher de refaire un commentaire.
    D’abord avez-vous la composition du comité de pilotage du 20 avril ?
    L’activité aérienne Météo France et Gendarmerie n’est pas du ressort de l’Armée de l’Air. Les aéronefs de ces organismes peuvent très bien travailler à partir d’autres plate-formes (1 hélico et 3 avions) ou effectuer les mises en routes et les décollage en vol non controlés puis par un contact radio avec Blagnac valider les plans de vols qu’ils soient VFR ou IFR (ex : Creil et Roissy avec IGN).
    La mission du 1er RTP en largage de personnels est maintenant désuette et pour le fret une délocalisation sur Orléans ou Pau est parfaitement envisageable. Il faut savoir aussi que pour la logistique militaire l’état soustraite déjà aux pays de l’est pour environ 80 millions d’euros par an.
    A t-on défini l’aviation d’affaires ? A lyon et au Bourget , il s’agit essentiellement d’avions taxis composés de biturbo prop, de bi et de tri réacteurs. Souvenez vous de l’activité des deux alphajet de l’Enosa et des levées de boucliers qui ont suivi en particulier venant du maire de Cugnaux.
    Selon la DGAC, la seule source de rentabilité de cette solution est constituée des redevances domaniales (sic). Cette ressource ne dépend donc pas de l’utilisateur final et en particulier de l’aviation d’affaires… A ce titre tous les intervenants reconnaissent que ce type d’activité n’est pas rentable. Donc, M bourreau fait du terrorisme intellectuel lorsqu’il parle d’insulte. A moins qu’il ne fasse sont autocritique vis à vis de ses propos qui sont une insulte à l’intelligence des citoyens.
    L’étude de la solution aéronautique me semble de moins en moins viable aux plans économique et humain. Les acteurs du comité de pilotage ont tous des intérêts partagés dans l’aéronautique. Pourtant d’autres secteurs existent comme le pôle santé, le pôle environnemental, le pôle agricole. Est-ce que Agrimil fait partie du comité de pilotage ?
    Il est intéressant dans le contexte actuel de restriction budgétaire et face aux envies de croissance du lobby (non pas aéronautique, mais de certains administrateurs étatiques qui côtoient le milieu aéronautique) de suivre ce dossier. Il montre comment l’argent public est utilisé pour satisfaire quelques égos.
    Ce projet passera. Mais votre collectif peut demander pour les riverains des indemnités liées aux nuisances sonores ( en plus de celles liées au PEB). Par exemple 10 000 ou 20 000 Euros d’indemnités chaque fois qu’en bout de piste la valeur de 50 DB est dépassée. Les membres du comité de pilotage (pour prouver leur bonne foi et leurs compétences) devront participer à ce dédommagement et payer les frais d’installation des capteurs.
    Cet argent pourra être redistribué aux riverains.

    Bonne idée ???

  2. Je suis juste un peu étonné de voir les estimations de Mr Guerin passer de 10 000 mouvements par an ci-dessus à 15 000 dans sa lettre du 28/04/2010 adressée à la population cugnalaise.
    D’autre part, un élément intéressant est que mr Jean Teadsalle ( VP Business Aeroports De Montréal)a participé à la dernière table ronde, cela étant certainement du à l’expertise d’ADM quant à la reconversion puis à la gestion de 2 aéroports voisins , l’un pour le fret et l’autre pour les PAX.

  3. bon, et du coup?…on passe à l’action directe?

    « Et dire que chaque fois,
    que nous votions pour eux,
    nous faisions taire en nous,
    ce cri: ni Dieu ni maître!
    Dont ils rient aujourd’hui,
    puisqu’ils se sont fait Dieu,
    et qu’une fois de plus,
    nous nous sommes fait …mettre! »

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