Ras le bol

Nous l'affirmons depuis la fermeture de la base aérienne 101 : le maintien d'une piste à Francazal est une ineptie.

La décision de faire de Francazal un aéroport d'affaires - en donnant à l'Armée la possibilité d'utiliser la piste pour les besoins du 1er Régiment du Train Parachutistes (RTP) - nous a laissé sceptiques, car le développement de l'aviation d'affaires à Toulouse était hypothétique et le site de Francazal particulièrement inadapté.

Aussi dénoncions-nous l'entêtement à vouloir créer une deuxième aéroport inutile au sein de l'agglomération toulousaine et nous exprimions notre crainte de voir Francazal livré à toutes sortes de trafics pour justifier son maintien en activité et équilibrer son compte d'exploitation.

Cinq ans après la décision de reconversion, on ne peut que constater que notre analyse était juste et nos craintes fondées.

La création de l''aéroport de Francazal est à ranger parmi les grands projets inutiles : non seulement l'aviation d'affaires ne se développe pas à Toulouse, mais elle décline. A Blagnac, le nombre les mouvements de cette catégorie a chuté de 4152 à 2710 entre 2008 et 2013.

Aussi l'exploitant de Francazal, contraint d'augmenter ses recettes, cherche à accroître l'activité de son aéroport sans se préoccuper des nuisances induites dans l'agglomération.

Il accueille donc toutes les manifestations possibles liées à l'aviation de loisir et s'est engouffré dans le créneau des campagnes militaires.

C'est ainsi qu'en 2014, Francazal a été le théâtre des opérations de l'Armée belge et des Armées franco-britanniques.

Et cette année, l'Armée belge est de retour avec ses quatre avions Hercules C130, des appareils conçus à la fin des années 1950, extrêmement bruyants, très polluants (on peut observer les traces noires qu'il laissent derrière eux).

Tous les jours de la semaine, et même les jours fériés, les moteurs des avions tournent des heures durant sur le tarmac, dans un vacarme perçu à plusieurs kilomètres à la ronde. Les vols sont nombreux, s'effectuent à très basse altitude, en dehors des couloirs aériens, gênant toute la population de l'ouest toulousain et menaçant sa sécurité.

Il faut que cela cesse !

Le Collectif Francazal invite les autorités, qui ne semblent pas mesurer l'exaspération croissante de la population, à prendre conscience qu'il est inacceptable d'utiliser l'aéroport de Francazal, enclavé dans une zone fortement urbanisé, comme base d'envol d'exercices bruyants, polluants et dangereux.

Nous demandons instamment au Préfet de la Haute-Garonne, au Directeur de la Direction de la Sécurité de l'Aviation Civile Sud, aux Maires des communes survolées, à la Société d'exploitation de l'aéroport

  • d'intervenir auprès du responsable du détachement de l'Armée de l'Air belge afin qu'il adopte un dispositif de manoeuvre sensiblement plus respectueux des populations riveraines et survolées,
  • d'interdire à l'avenir les campagnes prolongées sur l'aéroport de Francazal.

Le Collectif Francazal demande que la question des campagnes militaires soit inscrite à l'ordre du jour de la prochaine Commission consultative de l'environnement.

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