La situation aujourd’hui

En 2010, deux ans après la fermeture définitive de la base aérienne 101, connue sous le nom de Francazal, le Préfet a décidé, avec l’accord tacite des Élus et malgré l’opposition de la population, de transformer Francazal en aéroport mixte (civil et militaire).

Plan de Francazal

Le 4 juin 2014, l’exploitation du nouvel aéroport toulousain, dénommé aéroport de Toulouse-Francazal, était concédé pour 45 ans à la à la Société d’Exploitation de Toulouse Francazal Aéroport (SETFA).

La scission du site de Francazal en trois parties indépendantes, telles qu’elles apparaissent sur le plan ci-dessus, est alors officialisée : au nord, une partie réservée à l’armée (1er RTP et État-major), au centre, l’aéroport Toulouse Francazal, au sud, une zone qui devait accueillir de l’activité industrielle liée à l’aéronautique, mais qui sera en fait dévolue à Toulouse Métropole.

En ce qui concerne l’aéroport, l’objectif assigné au gestionnaire était :

  • l’accueil et le développement de l’aviation d’affaires,
  • la poursuite de l’activité antérieure : avions de transport utilisés pour le compte du 1er RTP, hélicoptère de la gendarmerie, avions de la météo,
  • l’implantation d’une industrie aéronautique.

Au bout de trois ans, la plate-forme est accessible de jour et de nuit et le dispositif de navigation aux instruments est opérationnel. ( Voir la carte d’atterrissage en vigueur depuis le 30 juin 2017)

Elle reste, pour l’instant, interdite aux vols d’entraînement de l’aviation légère et sportive ainsi qu’au trafic commercial régulier et charter.

L’activité aéroportuaire est aujourd’hui faible par rapport au potentiel de l’aérodrome, ce qui explique le peu de nuisances sonores constatées, excepté lors des périodes de manœuvres militaires, des événements « festifs » (meetings…) ou des essais moteur réalisés sur le tarmac par les sociétés de maintenance.

Par rapport, aux objectifs fixées lors de la concession, on peut à ce jour, faire les remarques suivantes :

  • l’aviation d’affaires est toujours absente : les raisons avancées par l’exploitant pour justifier cet échec, à savoir que le trafic international est impossible du fait de l’absence de police des frontières, ne sont pas convaincantes.
  • les entreprises aéronautique (qui devait générer 3000 emplois) connaissent des fortunes diverses. La première d’entre elle, qui avait transféré un centaine d’emplois de Nantes et Saint-Brieuc, a fait faillite en 2016. Elle a été reprise par une société de maintenance qui a fait faillite à son tour en 2017.
    Il reste la société ATR, qui dispose à Francazal d’un bureau d’études et de services de maintenance, et la société Tarmac Aérosave, un déconstructeur d’avions en fin de vie, dont l’installation est imminente.
  • l’armée enfin a renforcé sa position au nord du site, Francazal devenant « Pôle national des opérations aéroportées », avec le maintien du 1er RTP, le transferts d’autres unités et de l’Etat-Major.

Exclue de la concession, la partie sud de l’ex base– située sur Cugnaux – a beaucoup fait parler d’elle, notamment avec un projet de studios de cinéma.

Comme le reste du site, cette zone de 38 hectares reste la propriété de l’Etat qui pourrait la vendre à Toulouse Métropole, porteuse de projets de valorisation de concert avec Cugnaux.

Le commentaire du Collectif

L’inutilité du nouvel aéroport – au regard des objectifs affichés – est désormais évidente.
Comme c’était prévisible, le transfert de l’aviation d’affaires de Blagnac vers Francazal ne se fera pas. Du reste, ce type de trafic a diminué de près de 50% sur la période.

Le trafic de Francazal reste donc faible et les nuisances sonores sont, le plus souvent, modérées.

Mais nous ne sommes pas rassurés pour autant, bien au contraire.

Au cours des dernières années, se sont produits des événements inquiétants.

C’est ainsi qu’on a assisté à des tentatives d’installation d’activités interdites par le cahier des charges de l’exploitant (une entreprise de tourisme et de taxi par hélicoptère, une école de pilotage). A notre demande, l’administration a fait appliquer les règles qu’elle avait fixées.

Des manœuvres militaires d’armées étrangères ont également fait grand bruit en 2014 et en 2015 et ont été recadrées grâce à notre intervention étayée par des dépôts de plaintes effectués par les riverains.

Les manifestations, meetings aériens, anniversaires, raids, etc… sont accueillis à Francazal sur une piste sous employée, sur laquelle on se livre désormais à des sauts en parachute et des largages très bruyants.

Tout cela prouve l’inutilité de maintenir une activité aéroportuaire à Francazal, mais on peut craindre, dans ces conditions, que l’exploitant ne soit tenté de remettre en cause les interdictions posées par l’administration, concernant les vols d’entraînement, les trafic commercial régulier et charter.

Ce serait une catastrophe.

 

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