Publié le 10/01/2013 09:36

Bernard Gineste, l'an dernier, pendant une manifestation de soutien au projet de studios de cinéma devant la préfecture./DDM, archives Th. B. ()

Bernard Gineste, l'an dernier, pendant une manifestation de soutien au
projet de studios de cinéma devant la préfecture./DDM, archives Th. B.

On le sait, le collectif Francazal et son président Bernard Gineste ne veulent surtout pas qu'un deuxième aéroport toulousain se développe sur le site. Après le rejet du projet de studios de cinéma Raleigh, jugé non conforme par l'État, «la déception est énorme» dans les rangs du Collectif, qui se remobilise. Entretien avec Bernard Gineste.

Comment ont réagi les riverains de Francazal et plus largement les Cugnalais ?

La déception est palpable dans la population, à la mesure des espoirs qu'avait fait naître le projet de studios de cinéma : la création de nombreux emplois, la diversification de l'activité économique de la région trop dépendante de l'aéronautique et l'abandon du projet de 2e aéroport en milieu urbain, dont la cohabitation avec des studios de cinéma aurait vite été intenable.

Le Collectif Francazal a son analyse du rejet du projet par la préfecture…

Oui. Sans mettre en question les arguments avancés par la préfecture, on peut estimer que tout s'est passé comme si la décision avait été prise d'avance. On constate que d'habitude ce genre d'ouverture de plis prend du temps. Il y a d'abord le contrôle formel, mais là, l'affaire a été pliée en moins de deux heures. Alors, soit ils avaient eu vent du contenu avant, soit la décision était préparée d'avance… ça nous a paru bizarre. Ceux qui ont créé un lobby pour maintenir l'aérodrome en place ne veulent pas des studios de cinéma. Les deux activités ne vont pas ensemble.

Peut-il y avoir des recours ?

Pour le Collectif non. Bruno Granja aurait pu le faire, mais apparemment, il ne le fait pas et parle d'autres lieux. On va voir.

Selon vous, le projet de studios de cinéma a permis de faire oublier celui du 2e aéroport...

Nous faisons une constatation. Pendant un an et demi, on n'a parlé que de ça. Et pendant cette période, on a passé sous silence les appels d'offres pour la concession pérenne de l'aéroport et les deux candidatures de Vinci Airport et de Lavallin. Pour les partisans de l'aéroport, le projet des studios de cinéma a été une aubaine, mais les riverains de Francazal sont toujours restés vigilants.

Combien êtes-vous dans le Collectif ?

Nous étions 1200, mais aujourd'hui nous sommes redescendus à 400. Cette chute s'explique par l'enthousiasme qu'avait suscité le projet des studios de cinéma. Quand nous parlions de l'aéroport, on nous répondait que c'était un fantasme puisqu'il y aurait les studios Raleigh à la place. Mais aujourd'hui, nous remobilisons, avec un conseil d'administration le 24 janvier et un tract pour mettre au courant les gens de ce qui se prépare.

Votre objectif reste le démantèlement de la piste ?

Oui, c'est notre objectif depuis le début. Nous ne sommes pas que des riverains qui participons à la commission consultative d'environnement ; nous ne sommes pas là pour réfléchir à des aménagements. Nous sommes contre l'aéroport parce que c'est un projet néfaste.

Propos recueillis par Marie-Ange Momméja