Le tarmac de la base militaire de Toulouse-Francazal en juillet 2010.

Le tarmac de la base militaire de Toulouse-Francazal en juillet 2010. | AFP/REMY GABALDA

Le président des studios Raleigh, grand nom américain de l'industrie du cinéma, a présenté mardi 31 janvier à l'Etat français son projet d'implantation dans l'agglomération de Toulouse et attend à présent une réponse très rapide, a déclaré à l'AFP l'un de ses mandataires français.

Le préfet de la Haute-Garonne, Henri-Michel Comet, réunira le 7 février un comité de pilotage à propos de l'avenir du site sur lequel les studios Raleigh ont jeté leur dévolu : l'ancienne base militaire de Francazal. Désaffectée depuis 2010, elle est la propriété de l'Etat, qui en conduit la reconversion. L'idée initiale est d'en faire un aérodrome d'affaires et d'y implanter des activités de soutien à l'aéronautique comme la peinture ou la maintenance.

Mais les studios Raleigh ont fait sensation en juin 2011 quand, démarché par un architecte de la région, ils ont manifesté leur intérêt pour les 300 hectares de la base, avec ses vastes hangars, sa piste sur laquelle pourraient atterrir les avions amenant les acteurs, la proximité de la Méditerranée, de l'Atlantique et des Pyrénées, et un patrimoine historique considérable.

LES PLUS GRANDS STUDIOS DU MONDE

Les studios Raleigh "sont prêts à démarrer très rapidement […], leur business-plan est prêt, pour eux le projet est faisable, il est rentable", a dit l'avocat Jacques Lavergne, "ils n'attendent plus qu'une chose : une décision de l'Etat". "Le plus tôt sera le mieux", a-t-il dit à l'AFP, et les studios Raleigh et leur patron Michael Moore espèrent une réponse avant que la campagne électorale ne paralyse la prise de décision. Après, il pourrait être trop tard, dit un proche du dossier. Deux à trois mille personnes pourraient être appelées à travailler sur le site, confiait Michael Moore début janvier au quotidien La Dépêche.

L'Etat français a signalé ces derniers mois sa volonté de travailler avec les studios Raleigh tout en énonçant ses conditions et son calendrier : Raleigh devrait se contenter de 45 des 300 hectares de la base, et renoncer aux hangars les plus vastes. L'opération ne devrait pas non plus remettre en cause le projet économique actuellement développé à Francazal.

Selon un communiqué de la préfecture, c'est bien sur ces 45 hectares qu'est développé le projet présenté mardi par M. Moore. Les mandataires français de M. Moore soulignent de bonne grâce que, sur 45 hectares, Raleigh peut toujours construire les plus grands studios du monde.

Ni la préfecture ni Me Lavergne n'ont souhaité s'exprimer sur le détail du projet soumis par M. Moore. Me Lavergne s'est contenté d'indiquer que Raleigh était disposé à acheter ou à louer les terrains. "Le préfet est particulièrement attentif à ce projet qui pourrait offrir de nouvelles perspectives de développement pour l'agglomération toulousaine", dit le communiqué publié par ses services.