Publié le 02/02/2012 08:38 | Propos recueillis par Lionel Laparade

studios de cinéma à francazal

Bruno Granja, mandataire français des studios Raleigh./Photo DDM, archives.
Bruno Granja, mandataire français des studios Raleigh./Photo DDM, archives.
Bruno Granja, mandataire français des studios Raleigh./Photo DDM, archives.

Dans un entretien à « La Dépêche », Bruno Granja, mandataire des studios Raleigh, révèle l'essentiel du contenu de la discussion qu'ont échangée Michael Moore, président de Raleigh, et le préfet Henri-Michel Comet.

Michael Moore, le patron des studios Raleigh, a rencontré mardi le préfet de Haute-Garonne. Quel était l'objet précis de ce rendez-vous ?

En conclusion de notre dernière séance de travail, en novembre dernier, les services de l'Etat nous ont demandé des garanties sur la crédibilité et la viabilité de notre projet. En signe de l'intérêt qu'il porte à ce dossier, Michael Moore a tenu à apporter lui-même les réponses aux questions légitimes que se pose le représentant de l'Etat. Le patron de Raleigh a également profité de son deuxième séjour dans la région pour voir ou revoir tous ceux que l'implantation de studios de cinéma à Francazal intéresse : le président du conseil régional, le maire de Cugnaux, les dirigeants de la CCI, de la chambre de métiers, de l'école supérieure d'audiovisuel de l'université du Mirail, ainsi que les représentants des professionnels de l'industrie cinématographique en Midi-Pyrénées.

Le préfet a été convaincu par l'argumentaire développé par Michael Moore ?

Je pense que le préfet Henri-Michel Comet a obtenu des réponses claires à ses trois préoccupations essentielles. « Oui, le cinéma est une industrie génératrice d'emplois et de richesses ». « Oui, la production audiovisuelle française et européenne au sens large ont des besoins insatisfaits de surfaces de plateaux, d'offre globale de services et d'équipements de haute technologie auxquels nous répondrons. Enfin, « oui, Raleigh s'inscrit dans un partenariat à long terme avec nous ».

Marseille a déjà créé ses studios. La Rochelle ouvrira les siens cet été, et Luc Besson investit à Paris. Cette concurrence soudaine ne constitue-t-elle pas une menace pour le projet de Francazal ?

Toutes ces opérations répondent à une logique économique. Les cinémas français et européen sont en plein essor et attirent les investisseurs. Plus qu'un sujet d'inquiétude, c'est un signal de bon augure pour notre projet. Raleigh est le plus gros studio indépendant des Etats-Unis. Son savoir-faire est reconnu par l'ensemble de la profession sur le continent américain. Les équipements que nous proposerons à Francazal seront sans équivalent. Pour Michael Moore qui l'a d'ailleurs affirmé au préfet, Toulouse aura les moyens de se hisser au rang de capitale européenne du cinéma.

À combien chiffrez-vous le projet et qui le financera ?

Nous pensons qu'il faudra un peu moins de 100 millions d'euros pour aménager les 45 hectares sur lesquels nous avons, depuis le début, conçu notre projet. Je tiens, à cette occasion, à lever un malentendu. Récemment dans « La dépêche », Michael Moore a sollicité le soutien des secteurs privé et public. Cette déclaration a été entendue par certains comme un appel à subventions. J'affirme que nous ne demanderons pas un euro d'argent public, en dehors des aides classiques à la création d'emplois, par exemple, proposées par l'Etat. En revanche, et c'est bien normal, le patron de Raleigh veut savoir si oui ou non les décideurs économiques, les personnalités politiques et institutionnelles de la région, sont prêts à se mobiliser pour la réussite de ce projet. Ce qui se dessine aujourd'hui pour Midi-Pyrénées, c'est l'émergence d'une nouvelle filière industrielle porteuse de plusieurs milliers d'emplois et aussi puissante, en terme de notoriété, que l'aéronautique.

Que manque-t-il aujourd'hui au dossier pour que l'opération démarre ?

Le feu vert de l'Etat. Depuis plusieurs mois, nous travaillons avec la préfecture de manière constructive. Les choses avances. Les Américains sont respectueux du calendrier et des procédures administratives. Mais il est vrai que les studios Raleigh et leur patron Michael Moore espèrent une réponse avant que la campagne présidentielle ne gèle pendant plusieurs mois la prise de décision.