Les premières questions

La reconversion de Francazal soulève de nombreuses interrogations.

Nous tentons d’y répondre ici.

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Un nouveau commentaire (18/09/2009)

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Votre initiative est très louable, mais que souhaitez-vous et que proposez-vous pour l’avenir de ce site?

Nous ferons certainement des propositions. Mais nous ne pouvons pas avoir la prétention de nous substituer au cabinet Devillers : nous n’en avons ni les moyens ni les compétences.

Par contre nous pouvons dire ce que nous ne voulons pas et ce que nous souhaiterions.

Pierre Cohen, maire de Toulouse et Président de la Communauté urbaine, a dit à Villeneuve Tolosane qu’un tel espace aux portes de Toulouse était une aubaine et qu’il fallait bien réfléchir pour ne pas rater son aménagement.

En son temps, l’association « Servir Cugnaux » avait proposé d’accueillir le Parc des expositions. Mais d’autres convoitent cet équipement et affirment qu’il leur est destiné, bien que rien ne soit officiellement décidé.

Cela dit, le Parc des expositions, c’est 40 ha sur les 290 ha libérés. Il reste à trouver autre chose.

On peut imaginer :

  • de l’habitation autour de la route de Toulouse (pour relier le quartier de Diane à Cugnaux),

  • de l’activité économique,

  • un grand équipement public de la communauté urbaine (à défaut du parc des expo),

  • des espaces verts.

Si on supprime la piste, on va mettre des habitations : on ne veut pas d’un Mirail bis et on craint l’aggravation de la circulation pendulaire.

Il n’est pas question, selon nous, de faire un nouveau quartier comme le Mirail :

  • ce n’est plus dans l’air du temps (Au Mirail on a démoli des barres – Grand projet de ville),

  • les logements construits aujourd’hui tentent de réintroduire de la mixité (loi SRU)

  • ce qu’il faut, c’est une ZAC, et pourquoi pas un éco quartier, qui occuperait la zone en partie seulement.

Quant à l’aggravation des bouchons, le matin et le soir pour se rendre au travail : il faut savoir que si des habitations doivent s’élever sur cette zone ce ne sera pas avant 4 ou 5 ans. Il faut au préalable intégrer la zone dans le PLU, obtenir des pixels (autorisations de construire) qui sont subordonnés à la desserte des zones candidates.

En d’autres termes, tant que les problèmes de circulation ne seront pas réglés, il n’y aura pas d’habitations supplémentaires – et là, on rejoint le problème de la voie du canal St Martory – boulevard urbain ou voie rapide – et le transport en commun en site propre qui doit lui être associé.

Il y avait un aérodrome militaire, on propose un aérodrome civil. C’est logique non ? Du moment que les nuisances ne sont pas augmentées.

Le plan d’exposition au bruit de Francazal avait été établi pour 16000 mouvements par an, soit en moyenne près de 60 mouvements par jour ouvrable.

Mais il y a longtemps qu’il n’y a plus une telle activité aérienne sur Francazal, les riverains peuvent en témoigner. Et d’autre part les jets privés de l’aviation d’affaires ont un niveau sonore bien supérieur à celui des avions de l’Armée de l’Air.

De plus, 16000 mouvements par an c’est le trafic envisagé à moyen terme (7-8 ans) en cas de transfert de l’aviation d’affaires sur Francazal. A long terme (15-20 ans) c’est 50000 mouvements par an qui sont probables. A titre de comparaison, l’aéroport de Bron, souvent cité comme référence car il supporte l’aviation d’affaires la ville de Lyon et possède une piste comparable à celle de Francazal, affiche 70000 mouvements en 2008, contre 58000 en 2004.

Avec de tels trafics, des vols de jour comme de nuit, les nuisances seront sans commune mesure avec celles que nous connaissons ou celles que nous avons connues il y a plus de 15 ans. Le plan d’exposition au bruit pourrait être doublé. La qualité de vie des habitants de Cugnaux mais aussi des communes voisines (Tournefeuille, St Simon, Portet, …) serait fortement dégradée.

D’accord pour rejeter l’aviation civile, mais pourquoi refuser le maintien de l’activité de la piste pour un usage modéré lié par exemple à la maintenance ou à la construction d’avions ?

Ce serait faire preuve de naïveté : l’entretien de la piste coûte cher et la logique de rentabilité l’emportera vite sur les promesses d’activité modérée et peu nuisante. On voit bien la pression de Blagnac pour se délester. Tant que le Conseil Général refusera de créer un nouvel aéroport, Blagnac sera à la recherche d’un plateforme de délestage. Il n’y aura aucune garantie de tranquillité tant que la piste restera utilisable.

L’arrêt de l’activité aérienne sur Francazal entrainerait le survol de Cugnaux par les avions qui arrivent et partent de Blagnac.

Certes l’aviation civile étudie cette question mais, l’axe des pistes de Blagnac étant ce qu’il est et les règles d’approche et de décollage étant ce qu’elles sont, le survol de Cugnaux en approche ou au décollage de Blagnac ne pourra se faire qu’à une altitude supérieure à 4000 pieds (1200 mètres). Nous pouvons déjà nous faire une idée des conséquences d’une telle modification puisque le week-end nous voyons les avions de Blagnac survoler la commune. La nuisance que cela occasionne n’est rien en comparaison de la proximité d’un aéroport d’affaires.

En refusant la reconversion de Francazal en plate-forme ouverte à la circulation aérienne publique pour l’aviation d’affaires, n’allons-nous pas à l’encontre de l’intérêt général ?

Il faut d’abord lever une ambiguïté : nous ne sommes pas opposés – bien au contraire – à l’installation sur le site de Francazal d’entreprises du secteur aéronautique, mais seulement à l’utilisation de la piste, ce qui exclut évidemment les entreprises qui ont besoin d’une piste pour fonctionner, telles les usines d’assemblage d’avions, les entreprises de maintenance ou de peinture.

Quant à l’intérêt général, nous y sommes très attachés. Mais au XXIème siècle, la notion d’intérêt général a évolué et ne se résume plus au seul développement de l’activité économique. Il se définit dans le cadre du développement durable qui prend en charge les aspects économiques, sociaux mais aussi environnementaux du développement. Or la création d’un aéroport au sein de l’agglomération, dans une zone fortement urbanisée, à une dizaine de kilomètres du centre historique de Toulouse, est en complète opposition avec la définition moderne de l’intérêt collectif.

Au reste, en ce qui concerne plus particulièrement Cugnaux, on lit dans le diagnostic de l’Agenda 21 de cette ville qu’une des principales nuisances relevées à Cugnaux provient de l’aérodrome de Francazal

La Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC) se positionne sur la reconversion de Francazal en proposant « l’instauration d’un système aéroportuaire intégré au niveau d’un bi-pôle Blagnac-Francazal » sur le modèle des aéroports de Lyon qu’elle prend comme référence. N’est-ce pas une position pertinente ?

Si l’on créait un aéroport d’affaires à Francazal, on disposerait à Toulouse comme à Lyon d’un aéroport civil composé de deux sites.

Mais la similitude s’arrêterait là : les deux situations sont très différentes. A Lyon l’aéroport historique de BRON, situé à une dizaine de kilomètres du centre ville, peu a peu gagné par l’urbanisation, a été délesté du trafic de passagers et du fret, grâce à la construction d’un nouvel aéroport (Saint Exupéry) dans une zone peu urbanisée située à une trentaine de kilomètres de Lyon. Cette solution au problème de la saturation des aéroports en tissu urbain, qui consiste à créer un deuxième aéroport à une trentaine de kilomètres de la ville centre, n’a pas prévalu à Toulouse.

Et par conséquent, pour Toulouse, la DGAC ne voit pas d’autre solution que de délester Blagnac sur Francazal, qui est pourtant une zone fortement urbanisée située au cœur de l’agglomération à une dizaine de kilomètres du Capitole.

Quelle est votre position par rapport à l’hypothèse d’utiliser le site comme aire d’accueil transitoire pour les gens du voyage ?

Le Collectif Francazal s’est constitué sur l’objectif d’empêcher l’installation d’un aéroport sur Francazal qui constitue la menace la plus immédiate et qui serait irréversible.

Le Collectif n’a donc pas pour l’instant pris de position par rapport à d’autres projets.

Mais si, conformément à nos souhaits et grâce à notre intervention, la décision de fermer définitivement la piste est prise, le collectif poursuivra son action, donnera son avis sur les projets qui seront avancés et pourra même faire des propositions, selon les vœux adoptés en assemblée générale.

Concernant plus précisément la question posée, on peut considérer que le but commun à tous les protagonistes (Ministère de la Défense, Préfet, Elus, Collectif Francazal) est la redynamisation du site de Francazal, afin de compenser les dommages causés par la fermeture de la Base 101. On ne voit pas en quoi l’installation d’une aire d’accueil des gens du voyage répondrait à cet objectif. Une redynamisation impliquerait plutôt l’implantation d’activité économique et d’équipements collectifs.

J’adhère à votre démarche et à votre collectif bien que n’étant pas directement concerné car j’habite loin de Francazal…

Merci pour votre adhésion mais vous êtes, en réalité, beaucoup plus concerné que vous ne le pensez car les manœuvres d’approche à faible altitude des avions à l’atterrissage créeront des nuisances qui affecteront, outre les Cugnalais, tous les résidents des communes avoisinantes. Quant aux décollages, très bruyants, ils seront perçus largement au-delà du périmètre de l’aéroport, principalement, mais pas seulement, par les résidents des communes se trouvant dans l’axe de la piste.

Je n’adhèrerai pas à votre collectif car l’implantation de l’aéroport d’affaires sur Francazal ne peut qu’être générateur de retombées économiques importantes pour Cugnaux et les communes voisines. Chacun doit prendre sa part des désagréments inhérents à tout développement économique.

On ne peut qu’être d’accord avec vous sur ce dernier point. Mais il est certainement possible de valoriser le terrain de Francazal autrement qu’en y perpétuant l’utilisation de la piste et en y installant un aéroport d’affaires. Il s’agit d’une structure qui signerait définitivement la fin de la qualité de vie dont nous bénéficions pour l’instant. Des milliers d’habitants seraient soumis à des niveaux de bruit insupportables. À l’inverse, l’implantation d’un équipement collectif intercommunal, d’activités à caractère économique et d’habitations serait bien moins pénalisante pour la population tout en générant des retombées économiques équivalentes. Mais il y a certainement bon nombre d’autres solutions possibles. Quelles que soient les solutions retenues, la notion de qualité de vie doit rester prioritaire dans notre démarche.

12 commentaires “Les premières questions”

  1. J’ai reçu hier dans ma boîte aux lettres, le tract d’information (adhésion au collectif en cours) et voici mes questions:

    – Comme il l’est dit dans une des réponses, la zone concernée est fortement urbanisée: comment seront pris en compte les aspects sécurité (les aéronefs qui vont se présenter seront d’un type différent de ceux qui étaient basés à Francazal jusqu’alors.)

    – D’autre part, à supposer qu’on ne puisse empêcher la création de cette nouvellle zone aéroportuaire, pourrions-nous limiter le nombre de mouvements et/ou les plages horaires de nuisances?

    – Dernier point, j’ai acheté l’an dernier une maison à Cugnaux, que j’habite, quel impact sur la valeur imobilière avec une telle source de nuisances?

  2. Pourquoi ne pas doubler la distribution de tracts, de signatures de pétitions lors de manifestations ponctuelles (marchés, animations…?) J’ai pris contact avec le collectif de Saverdun qui lutte contre la même menace (le projet n’est toujours pas enterré)et qui a multiplié les formes d’actions.Les forums des associations seraient une idée excellente

  3. Réponse à Pierre-O :

    Vous posez trois questions pertinentes, dans l’hypothèse où Francazal serait utilisé comme annexe de l’aéroport Toulouse Blagnac.

    De notre point de vue, vos questions, qui portent leur réponses en elles-mêmes, sont autant d’arguments pour exiger la fermeture définitive de la piste, car elles mettent en évidence les problèmes de sécurité, de nuisances sonores de jour comme de nuit, et de dépréciation des biens immobiliers du voisinage de Francazal et des zones survolées.

    Cela nous conforte dans notre démarche : refuser l’aviation d’affaires, première menace qui plane sur la reconversion. Pour y parvenir, il faut que nous soyons nombreux à adhérer au Collectif.

    Mais, dans l’hypothèse où la piste de Francazal serait maintenue en activité, malgré notre opposition et en dépit de l’intérêt général, il est évident que le Collectif serait amené à prendre en considération les points que vous soulevez : la sécurité et l’atténuation des nuisances. Quant à la valeur des biens immobiliers, nous ne pourrions que constater leur chute…

    Réponse à Dany Cirla :

    Vos suggestions rentrent dans le cadre de nos projets : nous serons présents dans les manifestations telles que les marchés, les forum, etc.

    N’hésitez à nous indiquer des manifestations où notre participation serait souhaitable  : écrivez au Collectif (collectif-francazal@laposte.net)  

  4. Faisant parti du collectif je tenais à vous félicitez pour votre démarche et votre investissement pour des valeurs autres que celles basées sur l’économie.En effet la qualité de vie au contraire des spéculations financières et une valeur basé sur du long terme et je me désole de voir dans vos questions qu’il y a encore des personnes qui sont prêtes à n’importe quoi pour de l’argent.La crise économique n’a pas servi à tout le monde!!!
    Bon courage

  5. Pourions-nous avoir une simulation de l’impact sonore par zone autour de Francazal ? Je pense que beaucoup de nos concitoyens ne se rendent pas compte. Une fois que la décision sera prise , il sera difficile de faire marche arrière ou de pleurer.
    Ci-dessous un lien officiel qui peut être utile .
    http://www.dsna-dti.aviation-civile

  6. Vous avez tout à fait raison : beaucoup de nos concitoyens ne se rendent pas compte de ce qui les attend s’ils laissent faire…
    Nous avions envisagé d’établir une carte des zones impactées. Mais nous manquons d’informations pour dessiner des plans de gêne sonore indiscutables.
    Cependant nous retenons votre suggestion et faisons appel à ceux qui pourraient nous aider à donner cette information

  7. Je ne vois pas en quoi le fait d’installer un aéroport d’affaires ou de fret dans une zone déjà fortement urbanisée et dégrader ainsi la qualité de vie de dizaines de milliers de personnes irait dans le sens de « l’intêret général ». Je suppose que ceux qui prétendent ça changeraient rapidement d’avis si on leur imposait un projet d’autouroute passant au fond de leur jardin ou si usine d’incineration d’ordures était implantée en face de chez eux. Il y a bien d’autres projets « d’intêret général » possibles sans ruiner la vie de milliers de familles. J’adhère pleinepment au collectif.

  8. Ma maison est située dans l’axe de la piste et je me souviens les rondes incessantes de Transall il y a tout juste quelques années. Le spectre d’une reprise d’activité multipliée par x et aggravée par les nuisances sonores d’avions à réaction me conduisent à adhérer à 100% à l’action de l’association. Je souhaite être associé à la réflexion sur les activités envisageables pour la suite.

  9. Réponse à P :

    Pour l’instant nous n’en savons rien. Le Préfet, qui préside le comité de pilotage de la reconversion de Francazal, a seulement déclaré qu’il y aurait 3 scénarios. sans aucune autre précision.

    Cependant, nous disons que l’un de ces scénarios sera le transfert de l’aviation d’affaires de Blagnac, car une étude parallèle a été commandée par la DGAC, avec l’accord du Préfet, et peut-être même à sa demande.

    Dès que nous en saurons davantage, nous le publierons.

  10. Tout cela est très inquiétant. Les résultats de l’étude qui doit paraître le 22/09 seront-ils rendus publics ? Pourrez-vous les consulter ? Avez-vous déjà engagé une quelconque action auprès du préfet ? Quelles actions collectives ou individuelles peut-on mener ?

  11. Réponse à S :

    Le pré-rapport qui doit être remis à la DGAC le 22 septembre ne sera surement pas rendu public. Notez que nous ne connaissons pas le nom du cabinet qui a obtenu le marché. Bien sûr, nous essaierons de nous procurer ce rapport : nous en ferons la demande à la DGAC et nous tenterons de l’obtenir.

    En ce qui concerne notre intervention auprès du préfet, nous nous sommes contentés pour le moment de lui écrire, pour lui donner notre position, lui demander de nous recevoir et de nous accueillir dans le « Comité de pilotage pour la reconversion du terrain de Francazal », sans réponse pour l’instant.

    (Vous pouvez prendre connaissance des courriers échangés dans l’article Interventions…)

    Nous passerons, le moment venu, à des actions adaptées aux circonstances : manifestations, pétitions, lettres individuelles au préfet ou à d’autres décideurs. Pour le moment, nous continuons notre campagne d’adhésions, en nous appuyant sur des relais dans les communes voisines de Cugnaux, car nous devons être très nombreux pour peser sur les décisions.

    Beaucoup de nos concitoyens ignorent ce qui se prépare, mais dès que l’information leur parvient, la prise de conscience et l’adhésion suivent.

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