Projet urbain ou aviation civile : l’avenir de Francazal divise

Une intervention d’un conseiller municipal de Tournefeuille, rapportée par la Dépêche du Midi…
à qui nous rétorquons qu’il nous fait un mauvais procès, car nous ne « dénigrons » pas l’aviation civile.

Publié le 30/12/2009 12:00 | J.B. et C.L.

Aménagements. A quelques mois du départ définitif de l’armée, l’avenir du site préoccupe riverains et associations.

L'avenir du site de Francazal est entre les mains de l'Etat. Photo DDM.

L'avenir du site de Francazal est entre les mains de l'Etat. Photo DDM.

Nombre d’interrogations subsistent concernant l’avenir du site de Francazal. Ce dernier fermera définitivement ses grilles dans le courant de l’année 2010. Plusieurs milliers d’habitants du Sud de la commune s’interrogent sur ce qu’il en adviendra à partir de l’an prochain.

Deux approches se dégagent. La première, menée par la Délégation générale à l’aviation civile (DGAC) envisage la reconversion du site en aérodrome civil avec, en particulier, l’arrivée de l’aviation d’affaires et un certain nombre d’activités industrielles du secteur aéronautique.

La seconde, confiée à l’agence Devillers, pourrait privilégier, sur 160 ha un projet urbain comportant plusieurs milliers de logements, des entreprises des secteurs industriels et tertiaires et des espaces verts.

Avant fin janvier

Le choix entre ces deux solutions devrait intervenir dans les toutes prochaines semaines, probablement avant fin janvier. Il est fortement attendu aussi bien par les riverains que par un certain nombre d’associations. Ainsi, le collectif Francazal a, lors d’un rassemblement place du Capitole, réaffirmé son opposition au maintien de la piste « qui provoquerait nombre de nuisances ». En revanche, les partisans de sa conservation avancent qu’elle serait utile pour le délestage de certaines activités aéronautiques de Blagnac.

Lors du dernier conseil municipal, Patrick Aubin, conseiller d’opposition, a estimé : « Qu’un certain nombre d’habitants résidant dans la zone de nuisances de Francazal veuillent voir l’activité aéronautique disparaître, on peut comprendre la spéculation sous-jacente liée à cette disparition. Mais c’est l’expression d’objectifs d’intérêt privé non dénué d’hypocrisie. En effet, alors que l’aéroport de Francazal existe depuis près de 90 ans, peu de personnes sont aujourd’hui en mesure de dire : « Je ne savais pas qu’il y avait un aéroport ». »

Il réaffirme aujourd’hui : « Je dénonce cette campagne d’intoxication et de dénigrement sur l’aviation civile. L’intérêt général est de répondre à la création d’emplois durables ».

Une question sensible

Aussi a-t-il soumis un vœu selon lequel le conseil municipal de Tournefeuille exprimerait « son entier soutien à l’ensemble de la filière, équipementiers, sous-traitants et personnel de l’aviation civile et qu’il ne s’associe pas à cette campagne d’affichage. »

Le maire de Tournefeuille, Claude Raynal, relevant que Francazal n’était pas cité dans le vœu mais seulement en préambule, a décidé de ne pas soumettre le vœu au vote. « C’est une question sensible et délicate », a-t-il concédé. « Il faut être prudent ». Et de rappeler que l’État, propriétaire du site, a pris la décision de retirer l’armée, et qu’il lui appartient donc de trancher entre les différentes solutions. « Il est trop tôt pour intervenir ».

2 commentaires “Projet urbain ou aviation civile : l’avenir de Francazal divise”

  1. Le Collectif Francazal n’a en aucun cas « dénigré », encore moins attaqué l’industrie aéronautique ou l’aviation civile.
    Simplement, il s’oppose à la création d’un deuxième aéroport au sein de l’agglomération toulousaine.

    Dans l’étude des solutions de reconversion de Francazal, nous ne contestons pas qu’on puisse avancer des arguments économiques ou des considérations historiques, mais nous demandons qu’on prenne d’abord en compte les arguments environnementaux. Il faut que l’expertise soit conduite dans le respect des critères du développement durable.

    Dans les commentaires suivants, M. Aubin cite les précédents de Lyon-Bron et Paris-Le Bourget. Mais est-ce un exemple à suivre ? Les riverains du Bourget n’en peuvent plus, comme en témoignent de nombreux documents, comme celui-ci.

    Précisons également que la comparaison de Francazal à Lyon-Bron et Paris-Le Bourget est mal venue, car ces deux derniers aéroports étaient les aéroports uniques de Lyon et Paris, qu’on a délesté en créant des plateformes nouvelles (Lyon Saint Exupéry et Paris Orly) dans des secteurs moins urbanisés. Si l’on voulait réaliser la même opération sur Toulouse, Blagnac serait délesté de tout le trafic passager et fret au profit d’une nouvelle plateforme située à l’extérieur de l’agglomération.

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