Moins de nuisances de l’aviation civile ou militaire et – pourquoi pas – un début d’interrogation sur l’utilité de maintenir un aéroport à Francazal.
C’est ce que nous avons suggéré au Chef de l’Etat à l’occasion de sa venue à Francazal.
Lettre ouverte au Président de la République
Monsieur le Président,
Selon
les informations diffusées par la presse, vous avez décidé
d’adresser vos vœux aux armées le 17 janvier depuis le site de
Francazal.
Par
la présente lettre, nous souhaitons appeler votre attention sur deux
points qui motivent l’action de notre association depuis 10 ans :
les nuisances de l’aéroport de Toulouse-Francazal et celles
provoquées par l’activité de l’armée, liées notamment à des
exercices de largage effectués sur le terrain militaire de
Fonsorbes.
Mais
avant d’aborder ces sujets, il nous semble utile de rappeler qu’en
2008, le gouvernement avait décidé de fermer la base aérienne 101,
dans le cadre de la réorganisation de l’armée, et qu’il eût
été logique que le site désaffecté, enclavé dans le tissu urbain
de l’agglomération Toulousaine, fasse l’objet d’une
reconversion radicale excluant toute activité aéroportuaire.
Malheureusement, malgré nos protestations, il a été décidé de
créer un aérodrome civil et militaire à Francazal, avec trois
objectifs : développer l’aviation d’affaires, favoriser
l’activité aéro-industrielle et maintenir l’usage de la piste
au profit de l’armée.
Nous
fondions nos objections sur le fait que l’aviation d’affaires
n’avait aucun avenir à Francazal – ce qui s’est avéré
depuis, que l’aéro-industrie pouvait se positionner sur d’autres
sites de la région et que l’armée pouvait se réorganiser sans
Francazal.
Après
ce bref historique de la genèse de l’aéroport, il est possible de
préciser les questions que nous souhaitons vous soumettre.
Les
nuisances sonores et la pollution atmosphérique générées par
l’aéroport sont actuellement
relativement
limitées du fait d’un trafic modéré, très éloigné des
objectifs assignés à l’exploitant. Les riverains semblent
s’accommoder de cette situation tout en redoutant qu’elle évolue
dans le mauvais sens. Les autorités se félicitent probablement de
la tolérance dont font preuve les riverains dans ce contexte. mais
ne doivent pas ignorer que la colère éclaterait si le trafic venait
à s’intensifier : on a pu le constater lors de manœuvres des
armées française et étrangères en 2015, contre lesquelles de très
nombreuses plaintes avaient été formulées, ce qui avait conduit le
Préfet à intervenir.
En
dehors des mouvements d’avions, il y a aussi les nuisances liées à
l’activité de maintenance aéronautique. Les essais moteurs sont
bruyants et émettent des gaz d’échappement directement dans
l’atmosphère étant donné qu’ils ont lieu en plain air sur le
tarmac. La montée en puissance des ateliers d’ATR, Air Painter et
Tarmac Aérosave aurait dû inciter l’exploitant à faire édifier
une aire de points fixes pour atténuer les nuisances.
Mais
au-delà des aménagements de court terme, le Collectif Francazal
vous demande d’envisager une autre destination pour le site de
Francazal.
L’activité
militaire est un autre sujet de préoccupation des riverains et
concerne une zone beaucoup plus importante que le seul plan
d’exposition au bruit.
Le 1er
RTP réalise des entraînements sur la zone de largage de Fonsorbes,
une commune située à quelques kilomètres à l’ouest de
Francazal. Dans ce cadre, les avions effectuent des rotations
répétées, à basse altitude sur les communes de
Plaisance-du-Touch, La Salvetat-Saint-Gilles, Fontenilles et
Fonsorbes. Ces vols incommodent la population et sont à l’origine
de protestations dont le nombre va croissant. Le Collectif Francazal,
qui considère que le territoire de l’agglomération toulousaine
n’a plus vocation à endurer des exercices aériens, a évoqué la
question sans grand succès en Commission Consultative de
l’Environnement. Il s’apprête à engager une campagne
d’envergure sur ce thème.
Le
Collectif Francazal, qui n’a pas été entendu lorsqu’il
s’opposait à la création d’une activité aéroportuaire à
Francazal, assure aujourd’hui la défense des droits des riverains.
Il
dénonce les nuisances et recueille les plaintes des habitants pour
les transmettre à l’exploitant de l’aéroport.
Ce qui
est frappant dans les réponses données à ces plaintes, c’est
qu’elles se bornent à justifier les évènements incriminées du
seul point de vue du respect de la réglementation ; elles ne
témoignent d’aucune préoccupation de leur impact sur la
population, qui conduirait à adapter les procédures pour atténuer
les nuisances.
La même
critique peut être adressée aux usagers de l’aéroport et
notamment à l’armée. Lors d’une réunion de la Commission
Consultative de l’Environnement, où nous avions demandé aux
représentants de l’armée d’avoir le souci de la population et
de rechercher des solutions pour limiter les nuisances, nous avions
eu l’impression de ne pas être compris et, de fait, rien ne semble
avoir changé.
Monsieur
le Président, en marge des vœux que vous allez adresser aux armées,
le Collectif Francazal émet le souhait que vous invitiez leurs
chefs, dans un premier temps, à agir dans le respect des populations
qu’ils ont pour mission de protéger puis, à trouver un autre
terrain d’entraînement hors du milieu fortement urbanisé de la
région toulousaine.
Vous remerciant à l’avance des réponses que vous voudrez bien nous donner, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre très haute considération.
11/01/2019