Le président du Grand Toulouse emboîte le pas du Préfet

La Dépêche du Midi le 25/06/2011

Consternant.

Lorsque nous avions rencontré M. Cohen, le 28 novembre 2009, il n’avait pas pris de position sur la reconversion de Francazal, il n’était pas opposé a priori au maintien de la piste pour les besoins d’entreprises de maintenance aéronautique, mais  il nous avait assuré qu’il s’opposerait à l’installation d’un 2ème aéroport à Francazal [Lire le compte-rendu].

Il est resté silencieux depuis. Mais aujourd’hui il soutient que l’aéroport de Toulouse-Francazal est indispensable pour soulager Toulouse-Blagnac et conditionne son soutien au projet « Hollywood-sur-Garonne » au maintien de la solution aéroportuaire.

Nous l’invitons instamment à entendre ses concitoyens qui signent massivement une pétition demandant un moratoire sur le déploiement de l’aéroport de Toulouse-Francazal, le temps d’étudier le projet alternatif que présente l’industrie cinématographique.

Touche pas à mon aéroport

Un nouvel article d’ObjectifNews révèle l’état d’esprit de la Préfecture concernant l’avenir de Francazal, qui peut se traduire par le surtitre que nous avons donné à ce billet.

L’envol poussif de Francazal

C’est ainsi que Métro définit les premiers mois de la reconversion de Francazal.

Pour le Collectif Francazal, la procédure d’installation d’entreprises est hallucinante : d’un côté le Préfet annonce à grand renfort de communiqués et de conférences de presse que 3 entreprises vont bientôt s’installer à Francazal, d’un autre côté une entreprise s’installe en dehors de toute procédure.

Mais ces petites bizarreries – dont le maire de Cugnaux se serait étonné lors du dernier conseil municipal – ne doivent pas faire oublier que la solution aéronautique a été imposée, contre toute logique et sans aucun égard pour les populations, parce qu’elle était censée créer des milliers d’emplois.

Or il y avait 8 embauches fin février. On en annonce une cinquantaine d’ici la fin de l’année, ce qui reste à démontrer. Mais surtout on n’hésite pas à annoncer qu’il y aura 300 à 400 emplois en 2012.

Comment ne pas voir que ces chiffres sont irréalistes, quand on sait qu’on prospecte depuis plus de 2 ans pour donner de la consistance au projet aéronautique, qu’on assurait il n’y a pas si longtemps que 30 entreprises étaient intéressées à venir s’installer à Francazal, et, qu’une fois la solution aéronautique mise en chantier, on ne « retient » que 3 entreprises dont le nom reste secret ?

Pourtant cet échec patent – qui prouve bien qu’il y a eu opacité et désinformation – ne nous rassure pas : il y a une telle obstination à conserver l’aérodrome qu’il suffirait de l’installation d’une seule entreprise liée à la présence de la piste pour en imposer le maintien quel qu’en soit le prix.

On nous a pourtant garanti la réversibilité du choix. Il ne faudrait pas l’oublier.

Lire l’article de Métro le 06-03-2011

Encore un crash à Lasbordes

Lorsque nous relayons ce genre d’informations, on nous reproche d’inquiéter inutilement la population, car « Francazal ne saurait être concerné par l’aviation de loisir, étant donné que les vols d’entraînement y sont interdits ».

Cet argument est faux : rien n’empêche l’aviation de loisir et l’aviation sportive d’utiliser Toulouse-Francazal, il suffit que les aéronefs de ce type n’y effectuent pas de vols d’entraînement.

Du reste, les premiers avions à s’être posés sur la piste du nouvel aéroport sont les avions des présidents des clubs de Lasbordes et, par ailleurs, on annonce, à Francazal, le départ d’une manifestation (Breitling) pour le mois de juin.

Petite précision : Les vols d’entraînement ne sont pas interdits par une disposition des arrêtés relatifs à l’ouverture de l’aéroport, mais seulement dans la publication technique SUP AIP 006/11, qu’une publication prochaine peut modifier : nous n’avons aucune garantie que cette restriction sera maintenue.

Sur la question de l’avenir de Lasbordes et du lieu de son transfert, on peut ironiser sur le refus des riverains, mais les grandes ambitions environnementales s’accommodent un peu trop facilement du maintien ou de la création d’activités génératrices de fortes nuisances en milieu urbanisé.

La Dépêche du 14/02/2011

Le nouveau président de la chambre de commerce «d’accord» avec le maintien de la piste de Francazal

Les raisons qu’il invoque pour justifier sa position …

1/ une véritable activité peut se créer autour,
2/ le coût de la pollution aurait été extrêmement élevé.

… ne résistent pas à l’analyse ni aux faits :

La création d’une activité autour de la piste est bien hypothétique et fait partie des incantations (n’a-t-on pas parlé de 3000 emplois pour arracher la décision ?). N’avait-on pas annoncé qu’ATR était intéressé par le site ?

Et sur quelle étude s’appuie-t-on pour parler du coût extrêmement élevé de la dépollution ? Y a-t-il des chiffres ou simplement des « fantasmes » ?

Tous les arguments assénés depuis deux ans pour imposer la création d’un deuxième aéroport à Francazal s’effondrent les uns après les autres.

Lire l’article d’ObjectifNews du 18/01/2011.